De nombreux travailleurs actifs pensent que se mettre à son compte est l’apogée de plusieurs années de labeur. Pour certains, il s’agit d’un objectif, pour d’autres, d’une option intéressante. Quelle que soit votre motivation, vous devez garder à l’esprit que les indépendants ont également tout intérêt à penser à leur prévoyance sociale.

 

Les obligations de l’indépendant en matière de prévoyance

Tout comme pour n’importe quel travailleur, il est important pour un indépendant de se constituer une prévoyance sociale suffisamment solide pour lui permettre de vivre décemment durant sa retraite. La seule véritable prévoyance obligatoire sera l’AVS ou 1er pilier. Un indépendant est tenu de s’affilier à une caisse de compensation pour cotiser à l’AVS. Le montant des primes variera en fonction du chiffre d’affaires de ce dernier. L’affiliation à un 2e pilier ou prévoyance professionnelle n’est pas une obligation. La cotisation à l’AVS devrait suffire pour couvrir les besoins d’un indépendant lorsqu’il sera retraité. Toutefois, il est fortement conseillé de souscrire à un pilier facultatif.

 

Le retrait de son capital prévoyance

Le fait de décider de se mettre à son compte constitue un motif valable pour retirer les fonds de son second ou 3e pilier, si ce dernier est un lié 3a. Dans le cas où vous auriez cotisé durant plusieurs années et que vous souhaitez désormais démarrer votre propre business, ce capital pourrait vous servir de financement. Il est toutefois important de faire preuve de prudence, du fait que vous pourriez ne pas avoir assez de ressources une fois à la retraite. Bénéficier d’un plan de prévoyance en plus de l’AVS est une mine qui pourra toujours vous servir en cas de décès, d’invalidité ou d’un projet important.

 

Le choix du pilier facultatif en tant qu’indépendant

Opter pour un 2e pilier peut être une option fiscalement avantageuse pour un indépendant, notamment si son entreprise génère un revenu assez élevé. Il lui serait possible de déduire ses cotisations à ses impositions jusqu’à 25% du revenu AVS assurable. Il s’agit réellement d’une aubaine pour l’indépendant qui peut également déduire la part de cotisation de ses salariés en tant que charges d’entreprises. Opter pour un 3e pilier présente aussi de nombreux avantages fiscaux. En effet, un indépendant peut déduire de ses impôts des cotisations allant jusqu’à 20% du bénéfice brut d’exploitation.

Le choix du pilier dépendra essentiellement du chiffre d’affaires généré. Toutefois, le 3e pilier est intéressant et plus pratique, d’autant plus que le retrait de capital est assez facile. En règle général, un indépendant avisé souscrit à un 2e pilier et opte également pour quelques produits de 3e pilier complémentaires. Il est important de noter que, dans le cas où vous cotisiez déjà à un plan de prévoyance professionnelle, vos primes de 3e pilier seront plafonnées de la même manière que si vous étiez un salarié.

 

Le choix du 3e pilier en tant qu’indépendant

Vous disposez de deux choix en tant qu’indépendant : vous pouvez souscrire à un 3e pilier lié 3a ou un 3e pilier libre 3b. Le premier est vivement conseillé pour un indépendant dans la mesure où il vous permettra de déduire vos cotisations de vos impôts. La limite de plafond annuelle est de 33’840 francs. Le 3e pilier libre présente davantage de souplesse, mais beaucoup moins d’avantages fiscaux. Pour la souscription, préférez une compagnie d’assurances à une banque. De cette manière, vous pourrez jouir d’une assurance incapacité de gain et décès.

 

Dans le cas d’une incapacité de gain

Il n’est pas aisé de deviner à l’avance ce que la vie nous réservera. Que vous soyez indépendant ou salarié, le chômage n’épargne personne. Vous pourriez bien être confronté à une absence de revenus temporaire ou à une baisse d’activité. S’il s’agit d’une absence de revenus consécutive due à un accident ou à une maladie, l’option d’exonération de versement de prime en cas d’incapacité de gain vous couvrira. Ainsi, la compagnie d’assurance se chargera de cotiser à votre place. Dans le cas où votre business serait en faillite, il vous sera possible de retirer la totalité du capital pour redémarrer une tout autre activité n’ayant rien à voir avec celle en cours.

Si vous êtes confronté à une absence de revenus due à une baisse d’activité de votre société, il vous sera possible d’effectuer une négociation auprès de votre assureur. Vous négocierez une réduction temporaire de prime, ce qui signifie que votre cotisation sera baissée durant un certain laps de temps sans que votre contrat ne soit rompu. Le risque ici est que votre capital soit réduit lorsque vous atteindrez l’âge de la retraite. Il est vivement conseillé de maintenir le contrat aussi longtemps que possible afin de conserver vos couvertures invalidité et décès.