Vous projetez de souscrire à un 3e pilier, mais vous vous demandez ce qui adviendra dans le cas où vous vous retrouveriez au chômage. C’est tout à fait naturel de se poser une telle question par les temps d’incertitude économique qui courent. Il est conseillé de bien réfléchir quant à la somme que vous souhaitez verser annuellement pour cotiser à ce type d’assurance-vie afin d’éviter tout désagrément.

 

Une couverture d’exonération de versement

Soyez rassuré : généralement, le contrat 3e pilier prévoit une option d’exonération de versement de la prime en cas d’incapacité de gain. Cela signifie en gros que vous serez couvert en cas d’accident ou de maladie vous rendant invalide. Au-delà d’un certain délai, la compagnie d’assurance se chargera de régler les versements de prime pour vous. Il est important de noter que si vous êtes capable de travailler, mais n’avez plus suffisamment de revenus pour alimenter votre 3e pilier, la situation sera un peu plus complexe. Toutefois, lorsque vous touchez le chômage en Suisse, vos indemnités sont soumises à l’AVS. Cela vous permettra de cotiser à votre 3e pilier. Toutefois, lorsque vous ne toucherez plus ces indemnités sans avoir d’activité lucrative, vous aurez un souci.

 

En fonction du type de contrat 3e pilier

Les conséquences dépendent du type de pilier auquel vous aurez souscrit. Dans le cas d’un 3e pilier lié 3a souscrit auprès d’une banque, l’épargne est classique et sans garantie. Si vous cessez ensuite de cotiser sur ce compte, vous ne serez en aucun cas pénalisé. Cependant, votre capital risque d’être réduit au moment de la retraite. Si le 3e pilier lié est souscrit auprès d’une assurance, vous risquerez une rupture de contrat en cas d’arrêt de versement. Le compte existera toujours, toutefois il sera passif et vous perdez vos couvertures d’invalidité et de décès. Ainsi, vous ne perdrez pas votre argent, mais ne pourrez pas le récupérer avant le terme du contrat.

Si votre contrat reste trop longtemps inactif, il sera difficile de le réactiver et vous devrez resouscrire un nouveau contrat. Pour un indépendant qui ne cotise pas à un 2e pilier, le fait de ne jouir d’aucune couverture risque d’être particulièrement contraignant. Vous pourrez toujours négocier une réduction temporaire de prime. Bien que votre capital soit réduit au moment de la retraite, vous préservez ainsi la continuité de votre contrat. Dans le cas d’un 3e pilier libre 3b, vous déterminez vous-même l’échéance du contrat. Lorsque vous cessez les versements, votre compte deviendra passif et vous perdez vos couvertures de départ. Toutefois, la différence est que vous pouvez vous faire verser votre épargne sans avoir à vous en justifier. La valeur de rachat moyenne sera définie préalablement dans le contrat.

 

En ce qui concerne les frontaliers

Pour les frontaliers ayant souscrit à un 3e pilier, mais se retrouvant au chômage, ils seront indemnisés par Pôle Emploi en France. Dans ce cas-là, ils ne cotiseront plus pour l’AVS et ne verseront plus des primes sur le 3e pilier. Lorsque le chômage se prolonge, ils peuvent avoir la possibilité de récupérer leur épargne. Il suffira pour cela d’évoquer le motif de départ définitif de la Suisse. Il est aujourd’hui impossible pour un frontalier de souscrire à un 3e pilier libre 3b. Toutefois, pour ceux qui y ont déjà souscrit auparavant, il leur suffira d’effectuer un retrait avant échéance du contrat sans fournir de justificatifs moyennant la valeur de rachat.